mardi 7 octobre 2008

déménagement



Bien que la plateforme Blogspot comporte bien des avantages, je me suis dit qu'il était temps pour moi de changer un peu de décor. J'ai opté pour un blog avec une interface un peu plus riche et surtout plus de fonctionnalités !

Vous pourrez donc me retrouver dorénavant à cette adresse : http://chezemjy.hautetfort.com/
Plein de nouveaux coups de coeur littéraires, ciné, télé etc. garantis !
A la revoyure ! :D






samedi 4 octobre 2008

Miss Parker Posey : the Indie princess fashion icon


Une fois n'est pas coutume, j'ai décidé de parler de mode sur mon blog ! Cela dit, on pourra aussi trouver ce billet dans la catégorie "grand écran" car il traitera des tenues vestimentaires d'une actrice, portées dans un film en particulier.
Cette actrice en question se nomme Parker Posey et est américaine.
Par choix ou obligation, la demoiselle s'est tournée vers des films plus confidentiels, indépendants et assez éloignés des grosses productions. C'est amusant lorsqu'on sait que la belle a débuté dans "Scream" ...
Sur la toile, elle est souvent nommée la Indie films princess. C'est une actrice au talent reconnu par la critique mais aussi une véritable fashion icon.

Parker Posey a un style bien à elle, encore une fois loin des codes imposés. De plus, et c'est là que réside toute charme de sa garde-robe, elle sait allier vêtements et accessoires de grands créateurs (Marc Jacobs est l'un de ses chouchoux) et "sapes" plus vintage. A chacune de ses apparitions publiques, elle impressionne, elle charme, elle éblouit. Parker a un goût très sûr mais elle sait aussi prendre des risques. Elle ne fait pas toujours dans le convenu et le classique.

Lorsque je l'ai vue tout récemment dans le film "Broken English", j'ai été absolument soufflée par sa prestation tout en nuances et subtilités. Elle a la comédie dans le sang, sans le moindre doute. Bien que je puisse volontiers concéder que le film est un peu maladroit, il n'est pas dénué de qualités. Et Parker Posey en fait indéniablement parti. Les films relatant les trépidations sentimentales des trentenaires font légion mais le talent de son interprète principale, lui, est aussi rare que précieux. Elle est parvenue à rendre son personnage complexe, troublant, d'une vulnérabilité et d'une fragilité absolument touchantes. Nora n'est pas un personnage uni-dimensionnel et c'est surtout cet aspect qui m'a plû chez elle.

Broken English est un film qui a du style, à l'image donc de ce personnage principal, Nora. Il est éminemment féminin. La réalisatrice, Zoe Casavettes ne semble avoir rien laissé au hasard. Tout est finement étudié et ciselé. Tout a son importance, à commencer par la musique. La bande son choisie est résolumment électro. Elle est dans l'air du temps, très contemporaine mais a ce petit quelque chose d'intemporel, de classique et d'élégant qui lui permet de se faire apprécier des mélomanes pas forcément fans d'électro. Le groupe Scratch Massive qui a composé la plupart des musiques a parfaitement réussi à donner le ton. Le film, grâce à lui, se fait ténu, intime, élégant et chic.
Je pense notamment au morceau d'ouverture qui installe tout de suite une ambiance très particulière, mélancolique, douce et feutrée. Il s'intitule "In the Dressing room" . Comme son nom l'indique, c'est un titre absolument parfait à écouter lorsqu'on se prépare pour sortir ! Et c'est d'ailleurs de cette manière que débute le long-métrage : Nora enfile sa robe, se coiffe, se maquille afin de se rendre à l'anniversaire de mariage de ses meilleurs amis.
Outre la musique, la mode semble tenir une place importante dans Broken English. La costumière du film a fait un travail remarquable (a-t-elle discuté des tenues à porter avec Parker Posey ? Hum je pense que c'est plus que probable, la dame est assez connue pour son bon goût en la matière...). Loin du style des héroïnes de Sex and the City, la Nora de Parker n'en est néanmoins pas en reste en ce qui concerne l'élégance, le chic et le style ! Je dirais même qu'en ce qui me concerne, sa garde robe me convient bien davantage que celle décidément très haute en couleurs de Carrie et ses copines.

Le style vestimentaire de Nora est parfois résolumment casual, ou alors, lorsque les circonstances l'exigent, extrêmement élégant.

J'ai sélectionné quelques photos de ses tenues.

La robe de la scène de la fameuse rencontre ... Je la trouve fabuleuse.





Je veux ce haut imprimé ! Mais impossible de mettre la main sur quelque chose qui y ressemble de près ou de loin :(

Un top coloré que j'aime beaucoup :



Celui-ci n'est pas mal non plus :



Une jolie robe à fleurs, simple et légère (pas trop de saison mais très belle quand même^^)



Une très jolie chemise bleu pâle qu'elle allie ici avec une jupe : parfaite tenue de travail.


Nora découvre Paris en compagnie de sa meilleure amie ...

Notez le superbe sac Marc Jacobs (le turnlock teri couleur crème). Un seul hic : son prix ...



Et question bijoux, foulards etc, elle n'est pas en reste. Je trouve qu'elle sait accessoiriser ses tenues avec un goût très sûr.

Mon accessoire de mode préféré dans ce film ? Sans aucun doute son collier nuage ! Remarquez aussi la jolie paire de lunettes Jacky Onassis qui lui va à merveille !


un autre ravissant foulard ...

Il y a aussi son collier ciseaux ...


Soit dit en passant, son pull rose me plaît pas mal également ...


Et enfin la robe qu'elle porte à Paris et qui incarne pour moi le summum de la branchitude. Sobre mais d'une élégance imparable !



Désolée pour la qualité plutôt médiocre des photos. Je crains qu'elles ne rendent pas vraiment justice aux tenues de Nora/Parker dans ce film.

Si vous voulez plus de captures d'une tenue bien précise, n'hésitez pas à me le demander :D
N'hésitez-pas non plus à commenter, dites-moi ce que vous pensez de son look ! Je suis sûre qu'il y a des afficionadas de mode qui me lisent !!
Quelle actrice pourrait faire office pour vous de fashion icon ? Y en a-t-il une en particulier dont vous admirez le goût vestimentaire et dont il vous arrive de vous inspirez librement ? N'hésitez pas à me laisser des commentaires (avec photos à l'appui si vous le désirez :) )

mardi 30 septembre 2008

Un peu de douceur dans ce monde de brutes ...


Un sondage nous a été proposé sur The Inn at Lambton (mon forum préféré, consacré - entre autres - à la littérature anglaise). Le but est de composer un top 10 de nos héroïnes préférées (attention, pas seulement les héroïnes de papier mais aussi et surtout celles incarnées à l'écran, dans des productions anglaises, films, téléfilms ou mini-séries). Le jeu est plus difficile qu'il en a l'air ...
La littérature anglaise regorge de figures féminines aussi attachantes que touchantes, aussi admirables que troublantes ...

Voici donc mon top ! N'hésitez pas à le commenter et à me proposer le vôtre, si vous être tout comme moi, fan de films en costumes ! :D

Je reposterai bientôt mon top des gentlemen mis à jour et étoffé !

1) Elizabeth Bennet (Pride & Prejudice BBC 95)
Lizzy est la 1ère héroïne austenienne dont j'ai fait la connaissance, elle est devenue mon héroïne de la littérature préférée. C'est sous les traits de Jennifer Ehle que je la préfère, sans le moindre doute. Elle est tout ce que ce que je m'imaginais à la lecture du roman. Vive, spirituelle, mais aussi parfois un peu têtue^^. Je l'aime aussi bien pour ses qualités que ses défauts


2) Anne Elliot (Persuasion ITV 2007)

Anne est l'amie qu'on aimerait avoir. Elle est douce, attentionnée, généreuse ... Qui plus est, Sally Hawkins m'a terriblement émue dans ce rôle. Je n'aurais pas pu trouver meilleure Anne. Je me suis sentie proche d'elle de bout en bout.


3) Jane Austen (Miss Austen Regrets BBC 2008)
Olivia Williams m'a fortement impressionnée dans ce rôle. Sa Jane est aussi ambigüe et intéressante que je me plais à l'imaginer. Pleine d'humour et d'esprit, sympathique tout autant que sarcastique, femme de tête tout autant que fragile. Sa prestation est pour moi absolument parfaite, elle a réussi à m'émouvoir aussi bien qu'à susciter ma plus vive admiration


4) Jane Eyre (Jane Eyre BBC 2006)

Jane est une Héroïne avec un grand H. Sa vie est une grande aventure. J'aime son courage, son abnégation, sa générosité. C'est une femme de coeur, indubitablement, et qui n'aime jamais à moitié.


5) Catherine Morland (Northanger Abbey ITV 2007)

J'aime la naïveté et la candeur de Catherine. Je me reconnais dans sa passion pour les romans même si je suis loin d'être aussi romanesque qu'elle^^ C'est une héroïne qui m'amuse beaucoup. J'ai adoré la prestation de Felicity Jones qui lui confère tout le charme et la fraîcheur qu'il faut pour la rendre attachante.


6) Esther (Bleak House BBC 2005)

Esther est pour moi l'une des plus attachantes héroïnes de Charles Dickens et sous les traits d'Anna Maxwell Martin, je la trouve encore plus merveilleuse.


7) Jane (Becoming Jane)

Je crois que la prestation d'Anne Hathaway dans ce film aurait mérité d'être bien davantage saluée. Pour moi, son jeu est aussi sobre que délicat. Elle a su me toucher. J'ai beaucoup aimé sa Jane, une Jane qui cherche encore son chemin, qui ne sait pas encore où puiser ses sources d'inspiration, et qui, surtout, bien qu'intelligente, est encore très impressionnable. Elle est donc bien différente de la Jane d'Olivia Williams mais je l'apprécie beaucoup tout de même !


8) Tess (version Polanski - 1979)

Tess est une autre de mes héroïnes préférées de la littérature anglaise. C'est une jeune femme terriblement touchante, au charme et à la candeur désarmantes. Son destin est sans doute l'un des plus dramatiques qui m'ait été donnée de lire . J'ai aimé les 2 adaptations du roman de Thomas Hardy que j'ai pu voir jusqu'à maintenant : celle de Polanski de 1979 et celle d'ITV de 1998. Cependant, je crois que j'ai une petite préférence pour la Tess incarnée par Natacha Kinski (même si je me dois de le préciser, celle de Justine Waddel m'a aussi terriblement émue)


9) Miss Mattie (Cranford BBC 2008)

Bon, si j'avais pu, j'aurais inclus dans ce classement toutes les demoiselles de Cranford mais comme il a fallu faire un choix, j'ai opté pour Miss Mattie. J'aime sa douceur, sa générosité, son côté un peu réservé et effacée. C'est une femme courageuse, émouvante et chaleureuse. C'est une dame qu'on aimerait connaître dans "la vraie vie" sans le moindre doute.


10) Emma (Emma Miramax 1996)

Jane Austen craignait que son héroïne Emma ne soit pas autant appréciée que les autres. Je dois dire qu'en ce qui me concerne, elle me plaît beaucoup ! Car le moins que l'on puisse dire d'elle c'est qu'elle a une sacrée personnalité. Parfois agaçante mais toujours attachante (car pétrie de bonnes intentions^^), Emma m'amuse énormément ! J'ai aimé les 2 adaptations d'Emma mais je crois que c'est celle de Gwyneth Paltrow qui correspond le mieux à l'image que je me fais du personnage !



D'autres héroïnes que j'affectionne particulièrement (croyez-moi, ça m'arrache le coeur de devoir les exclure de mon classement )
Marianne (Sense & Sensibility 1995)

Honnêtement, Marianne est loin d'être l'héroïne de Jane Austen que je préfère (c'est d'ailleurs pour cette raison qu'elle n'a pas vraiment sa place dans mon top 10) mais la prestation de Kate Winslet m'a fait changer d'avis. Pour moi, elle habite complètement le rôle, elle est même transfigurée ...
Je l'ai trouvée absolument poignante.


Briony (Atonement)
Pour moi, ce personnage est l'une des grandes forces du roman d'Ian Mc Ewan. Il est si bien écrit ! C'est un personnage qu'on pourrait étudier des heures tellement il est passionnant. Et je trouve que l'interprétation de Saoirse Ronan est parvenue à rendre justice à toute sa complexité !


Dorcas Lane (Lark Rise to Candleford BBC 2008)

Une des principales héroïnes d'une des mes productions BBC favorites, incarnée par une Julia Sawalha absolument excellente. Dorcas Lane est une femme de caractère comme je les aime, c'est une personnalité aussi attachante que secrète à laquelle je me suis attachée dès le 1er épisode !


Miss Adelaïde (Lark Rise to Candleford BBC 2008)

Une autre héroïne de Lark Rise to Candleford, il s'agit de l'épouse du squire, Lady Adelaïde. Elle a tout ce qu'on espérerait voir chez un personnage d' aristocrate : un porte de tête impeccable, une froideur apparente, une grâce charmante, une garde-robe impressionnante. Néanmoins, elle est aussi bien plus que cela. C'est une jeune femme mystérieuse, réservée, touchante et qui cache au plus profond de son coeur, une blessure sentimentale bien palpable. Un personnage bouleversant.


Mary Smith (Cranford BBC 2008)

Je ne vais pas répéter ce qu'a dit mimidd au sujet de cet admirable personnage car je suis tout à fait d'accord avec elle Mary est une héroïne un peu en retrait, mais une héroïne quand même !


Lady Dedlock (Bleak House BBC 2005)

Lady Dedlock est un personnage qui m'a énormément émue. La prestation de Gillian Anderson y est sans aucun doute pour beaucoup. Elle l'interprète avec une classe assez inouïe, à tel point qu'on a du mal à croire qu'elle ne soit pas réellement une aristocrate anglaise du XIXème siècle. Quelle grâce et quelle élégance dans sa gestuelle aussi bien que dans sa diction ! Sa beauté froide est majestueuse.

J'aurais également pu voter pour Margaret (North & South) et surtout pour Molly (Wives & Daughters) mais je suis certaine qu'elles ont déjà plein de fans^^. Elinor (Sense & Sensibility 95 aussi bien que 08) et l'Emma de Kate Beckinsale auraient également mérité d'être mentionnées, mais que voulez-vous ? Il fallait bien faire un choix...

jeudi 25 septembre 2008

Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows



Voici sans le moindre doute l'un des meilleurs livres que j'ai lus cette année ! Je dirais même que je pense pouvoir le classer parmi mes romans préférés.
Je l'ai dévoré en 2 jours et je peux vous dire que ça m'a presque brisé le coeur de l'avoir fini en si peu de temps

Tout d'abord, voici une courte présentation de l'auteur :
Mary Ann Shaffer est née en 1934 en Virginie Occidentale, aux États-Unis. C'est lors d'un séjour à Londres en 1976 qu'elle commence à s'intéresser à l'île de Guernesey. Sur un coup de tête, elle prend l'avion pour gagner cette petite île oubliée où elle reste coincée à cause d'un épais brouillard. Elle se plonge alors dans un ouvrage sur Jersey qu'elle dévore et éprouve dès lors une immense fascination pour les îles anglo-normandes.
Des années plus tard, encouragée à écrire un livre par son propre cercle littéraire, Mary Ann Shaffer pense naturellement à Guernesey. Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates est son premier roman, écrit avec le concours de sa nièce, Annie Barrows, auteur de livres pour enfants. Mary Ann Shaffer est décédée en février 2008, avant que son livre ne soit publié et traduit en plusieurs langues
.


Autant vous dire que lorsque j'ai appris cette nouvelle, j'ai été plus qu'attristée... Quel dommage qu'elle ne soit plus là pour voir à quel point son roman est apprécié. J'ai décidé de le lire après avoir lu bon nombre de critiques extrêmement enthousiastes de bloggueurs anglophones. Je m'apprêtais à le commander sur play quand je me suis rendue compte que France Loisirs le proposait à la vente en avant-première. J'ignore encore si d'autres maisons d'éditions ont acheté les droits pour le traduire. Toujours est-il que je me devais de consacrer un billet sur mon blog à ce formidable ouvrage car je pense qu'il est susceptible de devenir le préféré de beaucoup d'entre vous !
Je pense en effet qu'il a absolument tout pour vous plaire !!

Tout d'abord, il faut savoir que ce livre est un roman par lettres. A cet égard, il rappelle l'ouvrage d'Helen Hanff intitulé 84, Chasing Cross Road.
Il débute début 1946 dans une Angleterre qui se relève doucement et difficilement de la guerre.
Le personnage principal de ce roman, sa voix (dans la mesure où elle est l'auteur de la majorité des lettres) est Juliet, un écrivain. C'est une jeune femme d'une trentaine d'années qui s'est fait connaître en tant que journaliste d'un grand quotidien anglais. Juliet était chargée d'écrire des petites chroniques humoristiques sous le pseudonyme d'Izzy Bickerstaff, histoire d'apporter un peu de bonheur par procuration et sous forme de fiction à une population en manque de divertissement. Sa verve et sa plume alerte lui ont valu un certain renom mais avec recul et avec l'aide de son ami et éditeur Sidney, elle s'est mise en envisager une carrière de romancière !
En effet, Juliet aimerait pouvoir écrire un roman digne de ce nom. Le problème c'est qu'elle n'a pas de sujet ! Et puis, elle se met à douter de son talent ... Est-elle à même d'écrire quelque chose de véritablement consistant alors que sa biographie d'Anne Brontë a été relégué aux oubliettes ?
Mais c'est alors que Juliet est en pleine promotion et tournée des librairies pour Izzy Bickerstaff s'en va en guerre qu'elle reçoit une lettre d'un certain Dawsey Adams, un homme dont elle ne connaît absolument rien ...
Dawsey possède un vieux livre lui ayant appartenu et son adresse y était inscrite. Ce livre en question est un ouvrage de Charles Lamb et cet auteur étant plutôt méconnu, Dawsey rêverait de mettre la main sur d'autres de ses oeuvres.
Le hic - et il l'explique clairement dans sa lettre- c'est qu'il habite sur l'île de Guernesey et que bien que les Allemands l'ait quittée depuis longtemps, il n'y reste plus aucune librairie:no: . Dawsey sollicite donc la gentillesse de Juliet.
C'est ici que commence une correspondance des plus passionnantes et surtout, mais nul ne le sait encore, l'aventure de toute une vie !
Dawsey se mettra bientôt à raconter sa vie, et celle des habitants de la petite paroisse de St Martin, à Guernesey. Et le moins que l'on puisse dire c'est que cette histoire, leur histoire s'avèrera absolument MERVEILLEUSE. En fait, je ne pense pas avoir de mots assez forts pour qualifier ce que j'ai eu devant mes yeux sur près de 400 pages.

Juliet découvrira au fur et mesure la formidable aventure humaine de ce petit groupe d'individus de Guernesey. Elle apprendra ce qu'a été leur existence sous l'occupation allemande et surtout elle sera touchée au plus profond d'elle-même par le courage, l'abnégation, la générosité, l'originalité et surtout le caractère si particulier de chacun d'entre eux.
Chaque personnage est inoubliable, ni plus ni moins. Je n'arrive pas à avoir de préférence tant je me suis attachée à chacun d'entre eux. Ce sont des personnes qu'ont aimerait pouvoir côtoyer dans la "vraie vie". Je rêve de pouvoir voir un jour ce roman adapté au cinéma (même si je pense que le format TV conviendrait peut-être mieux dans la mesure où le roman a un contenu narratif d'une richesse incroyable). Les personnages sont si bien croqués qu'on n'a qu'une envie : les voir incarner à l'écran !

Au fil de ses lettres, il se tissera un récit aussi vibrant que palpitant, aussi poignant que follement insolite. Mary Ann Shaffer se présente avant tout comme une conteuse absolument hors-pair. Chacune des lettres contenues dans cet ouvrage vous ravira à coup sûr. J'ai rarement été aussi émue, aussi amusée, aussi touchée et enthousiasmé par un récit.
Il est incroyablement riche. Il contient des anecdotes d'une drôlerie exquise, des potins sur la vie quotidienne de ces habitants aussi bien que des récits plus essentiels, et surtout touchants à la mémoire et à notre Histoire.
Dans ce roman, se dresse avant tout le portrait d'une Héroïne avec un grand H, une jeune femme d'exception nommée Elizabeth qui deviendra le coeur du roman que Juliet s'apprête à écrire sur l'histoire de ces habitants de Guernesey. Rien que pour ce personnage, le roman vaut son pesant d'or !

Mais attention, même si le livre est dramatique (et JAMAIS mélodramatique) à bien des moments (en même temps, c'est plus que normal vu le sujet ), il est aussi tendre et amusant. Je me suis surprise à rire une multitude de fois. Il faut dire que les personnages (en particulier Juliet mais elle n'est pas la seule) ne manquent ni de spiritualité ni de dérision. L'humour de ce livre est absolument délicieux !
J'ai aimé le côté légèrement décalé de certains personnages, la dérision de certains autres et surtout la manière dont la vie sentimentale de Juliet est traitée !
C'est aussi un roman pour tous les amoureux de la littérature. Les références à la littérature anglaise sont très nombreuses, pour notre plus grand plaisir d'ailleurs ...
Le style est très beau, il est vif et imagé et surtout très évocateur (quand je vous disais que l'auteur était avant tout une formidable raconteuse d'histoires ...)
En bref, je n'arrive pas à trouver un seul défaut à ce roman que j'ai eu vraiment de la peine à quitter. J'espère de tout coeur que quelqu'un se décidera à l'adapter.

Voilà, c'était ma review de The Guernsey Literary and Potato Peel Pie Society ! Excusez la longueur du post mais une fois lancée, j'ai du mal à m'arrêter . Vous commencez à me connaître, maintenant :o)
J'espère de tout coeur que vous ajouterez au plus vite ce livre à votre PAL car au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, c'est un vrai trésor ! J'ai hâte de pouvoir en discuter avec d'autres lecteurs ! Il faut dire que c'est un livre parfait pour les échanges .

Au fait, je ne vous révèlerai pas ici la signification du titre, il vous faudra le découvrir par vous-mêmes !

Pour info, je rappelle que pour l'instant cet ouvrage n'est disponible qu'en VO (cela dit, le style me semble tout à fait accessible) et (en traduction évidemment) chez France Loisirs et peut-être certains sites de ventes d'occasions .


L'avis très enthousiaste (comment aurait-il pu en être autrement ? ;o)) de Clarabel


lundi 22 septembre 2008

Notre Petite vie cernée de rêves de Barbara Wersba



Notre Petite Vie Cernée de Rêves est sans conteste l'un des meilleurs romans jeunesse que j'ai lus et ce, depuis un bon moment !
Il a l'excellent mérite de proposer une histoire aussi agréable à lire que riche par les thèmes traités (la solitude, la question du bonheur, l'art, la culture, la famille, la confrontation individu/société) ainsi qu'un duo de personnages principaux absolument attachant. Et surtout, il ne prend pas son (jeune ?) lecteur pour un idiot !
Albert est un adolescent solitaire et effacé, qui a du mal à trouver sa place dans un monde qu'il ne comprend pas et qui, surtout, ne le comprend pas. Il se sent seul, différent des autres et peine à trouver des gens susceptibles de l'écouter et d'être sur la même longueur d'onde que lui.
Sa mère s'afflige de son manque de participation scolaire et extra-scolaire tout en ne cessant de lui reprocher d'être la cause du grand gâchis qu'est sa vie. Alors que Madame rêve de cinéma et de biens matériels tous plus superficiels et inutiles que les autres, son père, lui, souffre d'apathie après avoir vu son rêve de devenir pilote de ligne brisé. Entre une mère hystérique et un père résigné à son sort, le jeune homme n'a plus guère d'espoir de trouver un jour un sens à son existence.
Albert se pose sans cesse des questions, s'indigne face à une société toujours plus matérialiste, plus conformisme et surtout plus égoïste. C'est un éternel incompris.
Il se trouve bizarre. Il aime Shakespeare, lire le National Geographic, le jardinage et collectionner les recettes de cuisine. Il ne s'intéresse pas à ce que la plupart des jeunes de son école aiment, selon lui, à savoir le sport, le rock branché (qu'il qualifie volontiers de bruit) et les histoires d'amour sans lendemain. Il ne se considère pas comme quelqu'un de cool. Et s'il se fourvoyait totalement ? Et si cette impression d'isolement intérieur pouvait finalement être source d'enrichissement ?
C'est justement ce dont il va prendre conscience grâce à sa nouvelle et étrange amie, une vieille dame qui habite dans le même lôtissement que lui, Mme Woodfin. Orpha, de son prénom, lui ouvre les portes de son univers, de sa maison délabrée et en désordre mais aussi celles de son passé de célèbre actrice de théâtre, de femme amoureuse, indépendante et originale. Mme Woodfin est fille de conte, c'est une femme distinguée autant que chaleureuse qui a tôt fait de trouver une place dans le coeur d'Albert qui l'admire pour sa formidable culture et sa connaissance de la littérature aussi bien que pour sa tolérance et son anticonformisme.
Auprès d'elle, Albert apprendra que la normalité ne doit pas être un critère de choix et qu'il ne doit pas avoir honte d'être un garçon sensible et différent.
Ce roman, c'est aussi la touchante histoire d'une amitié hors-norme et hors du commun, d'une complicité sans failles qui se joue des générations. Ensemble, ils discuteront de sujets divers et variés, touchant à la philosophie, l'actualité, la vie quotidienne, la littérature. L'auteur nous montre ici que l'échange humain est l'une des plus belles nourritures de l'esprit.
Un petit roman admirable, qu'on ne devrait aucunement limiter à la catégorie "littérature de jeunesse", tant il peut parler à chacun de nous, aussi bien petits que grands !

Un livre à acheter mais aussi à offrir autour de soi :)


NB : A noter que ce roman américain est paru en 1968, sous le titre de "The Dream Watcher".
Pour une fois, je trouve que le titre français rend très bien justice à la sensibilité, la délicatesse
et l'humanité déployées au fil des pages.


L'avis enthousiaste de Clarabel

dimanche 14 septembre 2008

Journal d'une Femme de Chambre d'Octave Mirbeau





Journal intime d'une femme de chambre, ce roman fait découvrir les aventures de Célestine. La soubrette évolue au sein des différents foyers et note sur son cahier les comportements pour les moins étranges de ses employeurs.


Une fois n'est pas coutume, je vais maintenant vous faire part d'un de mes derniers coups de coeur en matière de littérature française ! ;o) Ce livre a été lu cet été en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire !
Cet ouvrage particulièrement marquant de la littérature française vaut vraiment son pesant d'or ! A tel point que je suis surprise de ne pas en avoir entendu davantage parler autour de moi et pendant mes études ...
C'est une oeuvre réellement importante dans la mesure où elle sert presque à démystifier les milieux bourgeois et surtout à dresser une peinture féroce, cruelle, cynique mais réaliste de ce qui, aux yeux de Célestine, narratrice et héroïne, apparaît comme un enfer social. Même à notre époque, on peut tout à fait comprendre, à la lecture de ce journal, que les ambitions littéraires de son auteur aient pu faire scandale.

Journal d'une femme de chambre est à l'image de son auteur fictif, cette héroïne charmeuse, parfois enjôleuse, intelligente et pleine de gouaille. C'est un récit très vivant, où l'oralité prédomine, où le tendancieux côtoie l'immoral et qui se fait également très subversif.

Sous la plume d'Octave Mirbeau, les bourgeois sont montrés sous leur plus mauvais jour. Célestine les tourne en ridicule, dévoile les plus intimes de leurs secrets, leurs plus viles faiblesses. Dans son journal, ses maîtres semblent être souvent les incarnations parfaites de la bassesse intellectuelle, de la laideur morale, de la déchéance sexuelle et affective.
Célestine est loin d'occuper une place facile dans la société. Elle doit presque continuellement subir une précarité aussi bien financière qu'existentielle, supporter le manque d'égards et de sensibilité de ses maîtres et parfois même, l'écoeurement qu'elle ressent face à leur perversité.

Dôtée d'une lucidité absolument impitoyable, Célestine ne se fait absolument aucune illusion sur la société qui l'entoure. Elle est jeune, mais a assez vécu, a roulé suffisamment sa bosse de par la France, sait souvent ce qui l'attend derrière le trou de la serrure. Ce personnage est intéressant dans la mesure où il n'est pas le moins du monde idéalisé. Ce n'est une femme ni naïve, ni particulièrement verteuse. Elle n'est pas à proprement parler antipathique, néanmoins, elle peut agir de manière intéressée, voire corrompue...
Octave Mirbeau, et par son biais l'héroïne, n'a de cesse de vouloir arracher le masque de respectabilité et de vertu des nantis qui emploient Célestine. Dans ce roman, il en vient essentiellement à se révolter contre des horreurs sociales insoupçonnées. Sa description et son évocation du quotidien de cette femme de chambre, dans tout ce qu'il a de plus vulgaire et sordide, sont brillantes de bout en bout. Le style de Mibeau est plein d'éclat, de verve. Ce journal est teinté d'humour noir, de cynisme et de fougue. Il se lit avec un réel plaisir.


Il existe plusieurs adaptations théâtrales (le roman s'y prêtant volontiers) ainsi qu'une adaptation cinématographique, assez célèbre, que l'on doit à Louis Bunuel, datant de 1964 (avec Jeanne Moreau, George Géret, Michel Piccoli). J'ai très envie de la voir.






vendredi 12 septembre 2008

Un Show électrique


Mardi, j'étais au concert du groupe Coldplay (groupe que je suis depuis ses débuts), à Paris Bercy. Je les voyais sur scène pour la 2ème fois. La 1ère fois, c'était pour le X&Y Tour et j'avais tellement adoré que je me suis dit que je me devais absolument de revenir les voir dès que l'occasion se représenterait.

Encore une fois, j'ai été tout bonnement éblouie, épatée, émerveillée par leur prestations. Coldplay est un groupe qui se met entièrement au service de leurs chansons et de leur public. Pas d'esbrouffe, juste de la générosité et de la spontanéité à l'état pur. Chris Martin est toujours aussi charismatique, son français approximatif toujours aussi drôle et charmant, sa façon de danser (enfin, je devrais plutôt dire se trémousser) absolument enthousiasmante.
Je ne ferai pas de compte-rendu exhaustif du concert, du moins certainement pas comme je l'avais fait pour celui de 2005. Je me contenterai de faire une liste de choses qui m'ont le plus marquée :
- Will, le batteur, a chanté et pour moi, c'était une première ! Lui dont on entend d'ordinaire la voix seulement dans les choeurs a interprété un morceau acoustique ! Et verdict ? C'était magnifique. Il a une voix très différente de celle de Chris Martin mais tout aussi aérienne.
- Chris Martin est très communicatif. On le sent émotif, joueur, spontané, impulsif, complètement sincère dans ce qu'il propose à son public. Il n'hésite pas à faire preuve d'humour et ne se prend pas du tout au sérieux. Sa voix est très belle, j'ai l'impression qu'il parvient à la façonner comme il lui plaît, elle est comme élastique !
- Johnny, le guitariste, est nettement plus en retrait, sauf lorsqu'il s'agit de faire des solos ou des riffs éblouissants bien entendu ! Il est très impressionnant et jouit d'une complicité très touchante avec Chris.
- Guy, le bassiste, est aussi beau qu'en photo (désolée ce n'est pas une réflexion très constructive mais je me devais de la caler quelque part celle-là^^). Lui est définitivement plus en retrait, il ne semble jamais vouloir se mettre en valeur. Il faut dire que Chris Martin le fait pour 4 ! :D
- Ce sont tous d'excellents musiciens. Et ce qui me plait c'est aussi qu'ils ne sont pas tirés à 4 épingles. Chris Martin a fait une erreur sur Clocks mais on lui pardonne volontiers dans la mesure où le show ne perdait pas de sa superbe. Tout était très intense.
- Le public était très enthousiaste. Même ceux qui avaient des places assises se sont mis debouts pour participer. Pour ma part, j'ai tellement crié que ma voix en était presque cassée à la fin du concert. J'adore ce genre d'ambiance, j'apprécie beaucoup moins un concert lorsque j'ai l'impression que le public ne suit pas. Là, ce n'était pas le cas. Le public connaissait même les paroles des chansons. Lors du rappel, on a allumé nos portables et je peux vous dire que dans le noir complet, c'était particulièrement beau à voir !
- Je n'arrive pas à savoir quel moment du concert j'ai préféré. La setlist m'a parue parfaite en tous points, elle alterait morceaux plus sombres et mélancoliques et chansons plus énergiques et plus rock. La transition abrupte entre The Hardest Part et Viva la vida était particulièrement réussie. Sinon, Cemeteries in London est définitivement pour moi un morceau qui compte dans la discographie de Coldplay et je l'ai encore davantage apprécié en live.
Les confettis lancés pendant "Lovers in Japan" ont été une très bonne surprise (je ne m'y attendais pas car je n'ai lu aucun compte-rendu d'un concert précédent, je voulais arriver l'esprit entièrement libre), de même que le clip video autour du Japon qui confère au morceau une atmosphère exotique plus que bienvenue !
- Le petit show acoustique en plein milieu des gradins était jubilatoire. Là encore, Coldplay prouve qu'on peut vendre des millions de disques et choisir de faire un show en proximité avec son public. Cette simplicité, cette sobriété et cette intimité ont ravi le public de bout en bout
- Leur interprétation de Politik était vraiment un grand moment. J'étais contente (et soulagée) qu'ils aient choisi de continuer de jouer ce morceau de leur 2nd album en tournée. C'est une chanson qui se prête à merveille au Live. La mélodie est incisive, percutante, presque paranoïaque. C'est plus que de la simple écoute, c'est une vraie expérience musicale !
- Les morceaux du nouvel album prennent une toute autre dimension sur scène. J'avais lu une critique très élogieuse de ce dernier opus dans un un magazine et avec laquelle j'étais en parfait accord. En gros, elle affirmait que Coldplay avait beaucoup de mérite car avec Viva la vida, le groupe démontrait qu'ils étaient capables d'évoluer sans se renier.
En live, on s'en rend d'autant plus compte ! Les chansons de Viva la Vida sont éclectiques, électriques et s'écoutent encore mieux avec des énormes enceintes ^^ Je pense notamment à Lost et 42.
- Certains spectateurs ont continué à chanter Viva la Vida dans le métro, je ne vous raconte pas la tête des autres voyageurs ... lol

Pour finir, voici ce qu'était la setlist du concert :

Life In Technicolor
Violet Hill
Clocks
In My Place
Speed Of Sound
Cemeteries Of London
Chinese Sleep Chant
42
Fix You
Strawberry Swing
God Put A Smile Upon Your Face (partial - techno version)
Talk (partial - techno version)
The Hardest Part (piano - Chris)
Postcards From Far Away (piano instrumental)
Viva La Vida
Lost!
The Scientist (acoustic)
Death Will Never Conquer (acoustic - Will singing)
Viva La Vida (remix interlude)

Encore:

Politik
Reign Of Love
Lovers In Japan
Death And All His Friends
Yellow
The Escapist

Pour information, c'est le groupe Albert Hammond Juniorqui a fait leur première partie. Cette nouvelle formation compte parmi eux l'excellent guitariste de The Strokes. Il me faudrait une écoute religieuse de leur album pour me faire une opinion digne de ce nom à leur sujet :) Mais j'ai plutôt aimé ce que j'ai entendu